mardi 21 février 2006
Ce Marock qui est le notre.
Je suis allée voir Marock. Depuis le temps que tout le monde
en parle, sans oublier toutes les polémiques auxquelles on a eu droit !
Comme tout bon mouton, j’ai couru au ciné pour être choqué par ce film anti-marocain, sioniste et qui atteint à «la dignité du Maroc et des Marocains». Ce n’est pas moi qui le dit mais Mohamed Hassan El Joundi, Secrétaire Général du Syndicat du théâtre marocain. Dans un acte de bravoure, il a même appelé au boycott.
Pour nos amis qui ne sont pas au courant de l’actu ciné du royaume chérifien, il s’agit de jeun’s de la haute société Casablancais qui entre alcool, shit et belles villas essaye d’avoir le bac. Le film a pour trame de fond une romance entre une musulmane et un juif.

Alors que devons nous faire dans ce cas ? Se voiler la
face ? Jouer à l’autruche comme toujours ? Pourquoi faudrait il
occulter ce coté de la société marocaine ?
PS : Morceaux choisis de Mohamed Hassan El Joundi : «Quand je ne peux pas aller voir un produit artistique avec ma femme et mes enfants, cela veut dire qu'il n'est pas valable et constitue une atteinte à ma liberté». « L'art est une langue de beauté et de rêve et non une langue de rue, de bidonvilles et de malfrats, qui interdit à tous les citoyens éduqués de l'accepter et la soutenir.Au contraire, il faut lutter par tous les moyens contre cette dégénérescence culturelle qui affecte de plus en plus notre société».
samedi 21 janvier 2006
Vive la jeunesse !
Après une lecture sans intérêt du Matin du Sahara et devant
un Noss-Noss (boisson chaude moitié café moitié lait) bien entamé, je
commençais à méditer sur les quelques jours passés à Casablanca.
Repasser par la case Maroc permet de se ressourcer et comme dirait
l’autre : « de remettre 10 balles dans le flipper ». C’est
aussi l’occasion de se poser bon nombre de questions sur des sujets
métaphysiques ou purement nombrilistes. Mais plus le temps passe, plus le Maroc
donne l’impression d’être fâché avec sa jeunesse. (Chômage, horizon bouché, désespoir
endémique, inégalité des chances …)
J’ai même entendu dire que pour les jeunes : vivre au Maroc c’est comme vivre chez ses parents. On ne peut pas avoir la télécommande, il ne faut pas mettre la musique trop fort et surtout notre sort dépend de l’humeur parentale….
Et malheur à ceux qui ne baissent pas la tête car l’unique option qui s’offre à eux reste de fuir le domicile parental vers de nouveaux horizons.
jeudi 12 janvier 2006
Le mouton : c'est super bon !
C’est vraiment agréable d’être au Maroc au milieu des siens
en cette période de l’Aid El Kebir. Malgré le froid (la température oscille
entre 5° et 16° en sachant que le chauffage et l’isolation sont inexistants
dans les maisons marocaines) qui règne à Casablanca, on est tout de suite
enveloppé par une chaleur humaine qui vous fait oublier vos 2 épaisseurs de
chaussettes.
Lors de cette journée de fête, le marocain et la marocaine
se transforment en véritables carnivores qui ingurgitent en moyenne 3 kg de viande.
Alors au diable le cholestérol ou les régimes à base de salade. Mais c’est vrai
qu’il est difficile de résister à du boulfaf (brochettes de foie enveloppées de
graisse) dont il n’existe pas encore de version light. Sans oublier aussi, le
coucous que l’on s’enfile dans soirée et le tajine aux pruneaux pour le goûter
(ce n’est pas une blague).
Mais si vous vous sentez ballonnés, il reste le remède
miracle qui vous aidera à remettre ça le lendemain : l’eau minérale Oulmes
(Eau qui jaillit au coeur du Massif
Volcanique du Moyen Atlas, riche en oligo-éléments et naturellement gazeuse).
Un verre pendant le repas vous permettra de continuer votre marathon
gargantuesque.
Croyez moi c’est une
véritable torture, impossible d’en échapper. Il faut vraiment que j’alerte
Brigitte Bardot. Elle seule pourra nous sauver de ce gavage sauvage.
Bonne fête et Aid moubarak Said.
vendredi 30 décembre 2005
C'est combien de chameaux le billet d'avion ?
Comme tous les marocains, j’adore l’Aïd el-Kebir. Comme tous
les marocains, j’adore le passer en famille au Maroc. Comme tous les marocains,
je dois prendre l’avion pour y aller. Comme tous les marocains, je me dis que
les billets pour faire un tour au bled ne sont pas donnés. Comme tous les
marocains, je n’ai pas d’autre choix donc je paye le prix fort.
Allez comparer sur Kelkoo et vous verrez que le prix d’un
vol direct Casa-Paris est très proche d’un Paris-New York. Air France et Royal
Air Maroc se font tellement de beurre avec cette liaison qu’ils ne vont plus
avoir assez d’épinards. D’ailleurs, la RAM va tellement bien qu’elle a déjà
fait l’acquisition d’Air Sénégal, vient tout juste d’acheter Air Gabon et
négocie Air Cameroun . Bref, c’est une affaire qui roule sauf que l’on a
l’impression de servir de dindon de la farce ou plutôt de mouton pour l’Aïd el-Kebir.
Le gouvernement est en train de développer, dans le cadre de
la vision 2010, les vols charters sur Marrakech et Agadir en continuant à interdire
leur atterrissage à Casablanca et Rabat.
Je suis conscient que le tourisme est essentiel mais le Maroc gagnerait à ce que sa diaspora rentre plus souvent pour le bonheur des familles mais aussi de l’économie. N’oublions pas que chaque année les résidents marocains à l’étranger injectent une manne de 3,7 milliards d’euros dans les finances du royaume.
