Another Day In Heaven

Another Day In Heaven : le blog d'un marocain à Paris mais aussi du Maroc vue de Paris et surtout de la France vu par un marocain.

mardi 21 février 2006

Ce Marock qui est le notre.

marockJe suis allée voir Marock. Depuis le temps que tout le monde en parle, sans oublier toutes les polémiques auxquelles on a eu droit ! 

Comme tout bon mouton, j’ai couru au ciné pour être choqué par ce film anti-marocain, sioniste et qui atteint à «la dignité du Maroc et des Marocains». Ce n’est pas moi qui le dit mais Mohamed Hassan El Joundi, Secrétaire Général du Syndicat du théâtre marocain. Dans un acte de bravoure, il a même appelé au boycott. 

Bref, devant tant de virulence, je m’attendais au pire. Mais à la fin de la séance, je n’avais pas senti que l’on avait atteint à ma dignité ni que j’avais particulièrement envie d’aller demander ma carte du PJD (parti islamiste marocain) pour sauvegarder nos valeurs morales.

Pour nos amis qui ne sont pas au courant de l’actu ciné du royaume chérifien, il s’agit de jeun’s de la haute société Casablancais qui entre alcool, shit et belles villas essaye d’avoir le bac. Le film a pour trame de fond une romance entre une musulmane et un juif.

Je n’ai pas été choqué car cette chronique légère ne fait que refléter la réalité. Pour avoir connu ce milieu, l’équipe du film a fait un excellent travail pour reproduire la vie de cette infime minorité. Les gens que l’on voit ne font pas le ramadan et parlent quasi exclusivement le français. Il sont loin d’être représentatif du marocain moyen ou des cartes postales sur lesquels flashent les européens mais existent et font parti de la société marocaine à part entière.marock21

Alors que devons nous faire dans ce cas ? Se voiler la face ? Jouer à l’autruche comme toujours ? Pourquoi faudrait il occulter ce coté de la société marocaine ?

Ras le bol du politiquement correcte, le ciné marocain régresse et ne produit que des films lisses et d’un ennui notoire. Il existe des exceptions mais elles restent limitées.

Dommage que des artistes se soient posés en censeurs, le Maroc a besoin d’une bouffée d’oxygène et pas d’une vieille garde qui retrouve des réflexes dignes de l’age de pierre.


PS : Morceaux choisis de Mohamed Hassan El Joundi : «Quand je ne peux pas aller voir un produit artistique avec ma femme et mes enfants, cela veut dire qu'il n'est pas valable et constitue une atteinte à ma liberté». « L'art est une langue de beauté et de rêve et non une langue de rue, de bidonvilles et de malfrats, qui interdit à tous les citoyens éduqués de l'accepter et la soutenir.Au contraire, il faut lutter par tous les moyens contre cette dégénérescence culturelle qui affecte de plus en plus notre société».


Posté par kgtrash à 00:15 - Maroc - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


« Accueil  1